Communiqué de presse | Budget Emploi 2026 : Graves impacts sur le secteur non marchand

Bruxelles, 31 mars 2026 - BRUXEO, la confédération représentative des entreprises à profit social bruxelloises, appelle le Gouvernement à garantir la pérennité du dispositif « ACS ». Ce dispositif constitue une politique d’emploi majeure et une source de financement, structurelle et essentielle, du secteur non marchand. BRUXEO alerte sur les conséquences importantes d’une réduction du budget ACS, qui mettrait en péril jusqu’à 7.000 emplois bruxellois et de nombreux services répondant aux besoins essentiels de la population.
Le budget 2026, voté ce vendredi 27 mars au Parlement bruxellois, implique des économies de 40 millions dans les matières « emploi ». Ces nouvelles réductions s’ajoutent aux économies importantes réalisées en 2025 – 33 millions. Ces différentes économies ciblent en grande partie le secteur non marchand et le dispositif ACS (non-indexation, coupes ciblées et/ou linéaires, réforme administrative, etc.). BRUXEO déplore ces choix budgétaires qui ne reposent sur aucune évaluation, ni concertation, ni analyse d’impacts. Il souligne que la mise en œuvre de certaines mesures d’économie nécessite une modification de la réglementation et donc encore un passage en gouvernement. A ce titre, BRUXEO rappelle une nouvelle fois l’importance et l’utilité du dispositif ACS.
Le dispositif ACS permet de financer, de façon stable et structurelle, une partie du salaire des travailleurs dans des domaines essentiels tels que la petite enfance, le handicap, la santé, l’insertion ou l’action sociale. « Les ACS représentent de l’emploi bruxellois, local, non délocalisable et directement utile à la population », souligne BRUXEO. Ce financement permet non seulement de maintenir durablement des Bruxellois à l’emploi, mais aussi de réaliser des missions d’intérêt général.
Aujourd’hui, on constate que le secteur a déjà fortement contribué à l’effort budgétaire alors même que les besoins de la population augmentent.
« En 2024 et 2025, les crédits provisoires, les réductions dans les subsides et différentes “mesures conservatoires” ont déjà gravement fragilisé les ASBL, les contraignant à réduire leur personnel et l’offre de services à la population. Ces récentes économies s’ajoutent aux réformes structurelles du dispositif ACS intervenues ces dernières années. »
Dans ce contexte, BRUXEO condamne les nouvelles économies liées au dispositif ACS prévues par le Ministre. Au contraire, le secteur non marchand a grandement besoin de financement stable, indexé et structurel afin de pouvoir offrir des services accessibles et de qualité répondant aux besoins essentiels et aux droits fondamentaux de la population.
« Une réduction linéaire ou une suppression de l’indexation des ACS, qui plus est, sur l’ensemble de la législature est à proscrire absolument. Elle reviendrait à organiser un sous-financement structurel du secteur et à réduire le financement de façon linéaire de minimum 15% d’ici 2029. Dans ce cas, le dispositif ne serait plus viable et disparaitrait de lui-même car la part à charge des employeurs deviendrait trop importante. » précise BRUXEO.
Une politique d’emploi bruxelloise ne peut pas se limiter à une politique budgétaire déconnectée des impacts directs et indirects tels que :
- la mise en danger de près de 7.000 emplois bruxellois directs et de nombreux emplois indirects ;
- la perte d’un levier stratégique permettant de bénéficier de financements européens ;
- la réduction de l’offre et la fermeture de services indispensables favorisant la santé, le bien-être, l’éducation et l’insertion des Bruxellois.es ou encore la disponibilité des travailleurs ;
- une diminution du taux d’emploi et une aggravation des métiers en pénurie ;
- une augmentation des dépenses budgétaires à long terme par manque de prévention.
« Les ACS ne sont pas une simple dépense, mais un investissement efficace dans l’emploi bruxellois, la réalisation de services sociétaux et le maintien de la cohésion sociale », rappelle l’organisation.
BRUXEO conclut en soulignant une incohérence politique :
« La majorité régionale vise un taux d’emploi de 70 % d’ici la fin de la législature. Affaiblir un dispositif qui soutient directement plusieurs milliers d’emplois bruxellois va à l’encontre de cet objectif. »
A ce titre, BRUXEO invite également le Gouvernement à préserver les moyens des autres politiques non marchandes soutenant l’insertion socioprofessionnelle des chercheurs d’emploi. Plus globalement, dans le cadre du budget régional 2026, BRUXEO restera particulièrement attentif à la pérennisation des budgets liés aux subsides dits facultatifs, à l’accord du non-marchand et aux politiques sociétales afin d’immuniser le secteur non marchand de nouvelles coupes budgétaires.
BRUXEO reste par ailleurs désireux de dialoguer avec le Ministre et le Gouvernement sur les économies envisagées mais aussi pour mettre en place les objectifs de la DPR en matière d’emploi, tels que : taux d’emploi à 70%, lutte contre les métiers en pénurie et amélioration de l’attractivité des métiers notamment dans le non-marchand.
Contact
- Soukeyna Latrach, Conseillère politique BRUXEO – 02.210.53.05 soukeyna.latrach@bruxeo.be
- Bruno Gérard, Directeur de BRUXEO – 0474/39.13.25 bruno.gerard@bruxeo.be
Voici le courrier et la note transmis mercredi 25 mars au Gouvernement et aux chefs de groupes politiques du Parlement :