Communiqué de Presse | 600 jours sans gouvernement – votre inaction cause des dégâts immenses !

Il y a 600 jours, les électeurs bruxellois donnaient aux élu(e)s la responsabilité de former un gouvernement. Aujourd’hui, ils attendent toujours. L’incompréhension fait place à l’indignation. Cette inaction a un prix, et c’est Bruxelles qui le paie !
Faute de gouvernement de plein exercice, il n’y a aucune nouvelle mesure pour répondre efficacement à l’évolution sociodémographique « naturelle » des besoins fondamentaux de la population (cela nécessiterait une norme de croissance de 3%), aux crises aigues sur le territoire (toxicomanie, logement, santé mentale, etc.), et aux impacts des réformes fédérales.
L’absence d’un budget impose de fonctionner à nouveau sur base de crédits provisoires ce qui fragilise gravement le secteur non marchand. Ce dispositif octroie aux ASBL leur budget 2024, non indexé, alors qu’elles doivent répondre à des besoins grandissants et couvrir les salaires, eux, bien indexés. Depuis 600 jours, deux indexations sont déjà supportées sur fonds propres, d’ici 2029, on sera à 6 ou 7. C’est juste intenable financièrement pour les ASBL. Le dispositif des crédits provisoires n’offre également aucune perspective sur la pérennité des financements au-delà de 3 ou 4 mois et entraine une surcharge administrative. Enfin ces subsides sont souvent liquidés avec un retard conséquent ce qui provoque de grandes difficultés de trésorerie.
L’incertitude budgétaire insoutenable, l’incapacité à présenter un budget 2026 fiable et les difficultés de trésorerie impactent négativement l’emploi : stress, non remplacement, chômage temporaire, licenciement et exode des talents. Faute de solution et vu la forte corrélation entre budget et emploi, les ASBL n’ont d’autre choix que de réduire leur personnel afin de préserver leur viabilité. Or, moins de travailleurs signifie une réduction de l’offre de services dans des secteurs essentiels tels que les soins palliatifs, le handicap ou la santé mentale !
La situation budgétaire actuelle de la Région nécessite de maîtriser la charge de la dette. Pour ce faire, des décisions doivent être prises pour diminuer les dépenses et augmenter les recettes. Faute de gouvernement de plein exercice, aucune nouvelle recette n’est toutefois mise en œuvre. Par conséquent, l’ensemble de l’effort est porté sur les seules dépenses. Par facilité et vu la hiérarchie des coûts à couvrir, le gouvernement en affaires courantes a tendance à réduire linéairement les subsides dits facultatifs à l’instar de la diminution de 15% des subsides facultatifs régionaux en 2025. Or ces subsides n’ont souvent rien d’optionnels. Ils répondent à des besoins importants et structurels. Très concrètement, cela signifie notamment qu’on a réduit en 2025 des projets, soutenus jusqu’ici dans le cadre du Plan Global de Sécurité et de Prévention. Il s’agit de projets de première ligne luttant contre la toxicomanie, la traite des êtres humains, les violences conjugales, la radicalisation et l’accompagnant des personnes vivant en rue et/ou fortement fragilisés. Ces services permettent pourtant de faire de la prévention budgétaire en évitant des coûts futurs nettement plus importants.
Aujourd’hui, de nombreuses ASBL traversent une période de graves difficultés financières et/ou d’incertitude budgétaire aigue mettant en péril leur survie, l’emploi et le bien-être des habitants !
Par ailleurs, la confiance des citoyens dans le monde politique est profondément et durablement fragilisée. Cette crise, honteuse et absurde, aux répercussions multiples et dramatiques pour les Bruxellois.es. représente aussi un danger pour notre démocratie.
Pour la 600ème fois, nous vous le répétons : il y a URGENCE !
Contact presse : Bruno Gérard – Directeur – BRUXEO
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