Investir dans le Non-marchand pour renforcer Bruxelles !

BRUXEO appelle le Gouvernement à investir dans les entreprises à profit social pour répondre aux besoins sociétaux grandissants, créer de l’emploi de qualité et non délocalisable mais aussi pour construire un environnement sociétal propice au développement économique.
Relever les défis de la Région et répondre aux besoins des Bruxellois
A l’occasion de la mobilisation organisée par le front commun syndical ce 23 juin, BRUXEO rappelle que 108.000 personnes travaillent actuellement au sein de 6.000 entreprises à profit social, dans des métiers jugés essentiels durant la crise COVID, afin de développer une offre de services accessibles et de qualité pour répondre aux besoins sociaux de chaque Bruxellois.
Aujourd’hui, les ASBL bruxelloises doivent répondre à l’augmentation des besoins sociétaux de la population avec moins de moyens (pas de norme de croissance, pas d’indexation, réduction des subsides facultatifs, fragilisation des aides à l’emploi, suppression des primes à la rénovation et menace sur le Pack Energie, etc.) et/ou une incertitude presque totale sur leur perspective budgétaire (projets financés par le PGSP). Pourtant le secteur non marchand ne peut pas être considéré comme une simple variable d’ajustement budgétaire. Il s’agit d’un amortisseur social dont la capacité à absorber les crises n’est plus à démontrer. Déstabiliser ce secteur risque d’aggraver la fracture sociale au sein de la Région de Bruxelles Capitale.
Financer le non-marchand ne constitue pas une simple dépense mais bien un investissement durable et efficient pour l’ensemble de la région bruxelloise
- Investir dans le secteur non marchand permet d’organiser des services sociétaux accessibles et de qualité qui répondent aux besoins fondamentaux de la population, de renforcer la cohésion sociale et le bien-être des citoyens, de favoriser la justice sociale et de faire société.
- Investir dans le non-marchand permet de créer de l’emploi direct et indirect au niveau local. Selon l’IBSA, pour 5 emplois direct créés dans le secteur hospitalier, 1 emploi indirect est créé.
- Investir dans le secteur non marchand permet de soutenir les entreprises marchandes (disponibilité, santé et formation des travailleurs) et de dynamiser l’économie (valeur ajoutée).
- Investir dans le non-marchand permet d’éviter des dépenses futures supplémentaires. Agir préventivement sur les déterminants de la santé permet d’éviter des coûts curatifs élevés. Lutter contre le décrochage scolaire et favoriser l’accès à l’éducation permet d’éviter des coûts liés à des politiques sécuritaires.
Pour atteindre l’équilibre budgétaire, il est non seulement important d’agir sur les dépenses comme sur les recettes mais également de se rappeler quelques réalités :
- L’effort budgétaire ne doit pas s’effectuer au détriment de l’accessibilité de la population aux services fondamentaux sous peine de rompre le contrat social. L’égalité des droits et une redistribution équitable des richesses sont indispensables et fondent notre vie en société ;
- Chaque choix budgétaire doit reposer sur une vraie concertation et sur une analyse à moyen et à long terme de ses impacts sociétaux et économiques ;
- En termes de budget comme de sécurité, il est financièrement avantageux d’investir dans la prévention (santé, sans-abrisme, décrochage scolaire, ...) sous peine de payer davantage demain comme l’a démontré la crise Covid ;
- Bruxelles a un déficit budgétaire et est pourtant au 5ème rang des régions européennes les plus riches au niveau du PIB/habitant. Ce paradoxe mérite une discussion avec les autres niveaux de pouvoir.
La situation budgétaire est préoccupante et la charge de la dette doit être maitrisée. Mais la trajectoire budgétaire ne peut être une fin en soi : elle doit être un levier au service de politiques publiques utiles et efficaces dynamisant Bruxelles et soutenant le bien-être de ses habitants.
Les principales priorités des employeurs du secteur non marchand
- Offrir des services sociétaux accessibles à tous. Construire une programmation concertée avec le secteur pour répondre aux besoins actuels et futurs de la population, éliminer les listes d’attentes, anticiper l’évolution démographique et répondre à la précarisation structurelle des Bruxellois ;
- Renforcer l’attractivité des emplois et la qualification des travailleurs qui les occupent pour lutter contre les métiers en pénurie et garantir la qualité des services. Pour ce faire, il faut notamment augmenter l’encadrement, améliorer les conditions de travail, encadrer les jeunes travailleurs et développer l’offre de formation ;
- Simplifier la vie des entreprises. Les ASBL sont submergées par les procédures administratives liées aux financements et à l’évolution du cadre législatif. Il faut promouvoir l’informatisation et l’harmonisation de ces procédures entre les administrations et financer des fonctions supports et de coordination ;
- Assurer le développement et l’efficacité des entreprises à profit social grâce à un financement stable, indexé et structurel. Le secteur doit s’adapter sans cesse à l’évolution des besoins et des attentes des citoyens mais aussi au nouveau cadre juridico-institutionnel. Pour ce faire, il a besoin de prévisibilité et de stabilité budgétaire. Les subsides dits facultatifs doivent devenir structurels, le dispositif ACS doit être pérennisé et l’indexation des financements doit être automatisée ;
- Dynamiser la transition sociale et environnementale du secteur non-marchand pour construire une économie plus durable en accompagnant les ASBL bruxelloises et en soutenant des services mutualisés en environnement, énergie, diversité, digitalisation, etc. A ce titre, il faut notamment veiller à ce que les subsides ne soient pas ronger par des factures énergétiques toujours plus élevées. C’est possible si on maintient le service d’accompagnement du Pack Energie et les primes à la rénovation.
Contact presse
Bruno Gérard – Directeur – BRUXEO
0474/39.13.25. – bruno.gerard@bruxeo.be
À propos de BRUXEO
BRUXEO est la confédération intersectorielle et pluraliste des employeurs du secteur à profit social (non marchand) à Bruxelles. Elle représente 28 fédérations d’employeurs du secteur public et privé, actives dans le domaine de la santé, l’accueil et l’hébergement des personnes âgées, l’aide et les soins à domicile, l’aide aux personnes fragilisées, l’aide et l’hébergement des personnes handicapées, l’aide à la jeunesse, la petite enfance, les entreprises de travail adapté, l’insertion socioprofessionnelle, la culture, le sport et l’enseignement, ainsi que les organismes d’action sociale et les mutualités. En termes d’emploi, le secteur à profit social représente à lui seul près de 17% de l’emploi total bruxellois, soit plus de 107.000 travailleurs actifs au sein de 5.700 entreprises.